Goudargues : 64 098 € HT pour des WC, aucun devis communiqué… ça sent mauvais pour la transparence !

Publié le 26 octobre 2026 à 06:14

Lors du Conseil municipal du 17 septembre 2026, le projet de sanitaires publics de Goudargues a été présenté pour un montant de 64 098,11 € HT, financé par le Département (25 639,24 €), l'Agglomération (13 580 €) et la commune (24 878,87 €).

Nous ne contestons pas la nécessité de nouveaux sanitaires publics. Mais comment apprécier la pertinence d'une telle dépense sans devis détaillé, sans fiche technique, sans comparaison des offres et sans ventilation des coûts ?

Aucun de ces documents n'a été communiqué aux élus minoritaires.

Une autre question se pose : ce projet a-t-il été préparé collectivement par l'équipe municipale ou essentiellement par le maire seul ?

Faute de documents, impossible de le savoir.

Ailleurs, les communes expliquent leurs choix

Nous avons étudié plusieurs projets comparables dans d'autres communes.

À Domloup, cinq entreprises spécialisées ont été consultées en 2025, dont FRANCIOLI. Les critères étaient clairement définis : 70 % pour le prix et 30 % pour la valeur technique. Après analyse et passage en commission, SAGELEC a été retenue pour 34 900 € HT, contre 47 601 € HT proposés par FRANCIOLI.

Consulter le procès-verbal de Domloup

À Saint-Jacut-de-la-Mer, deux entreprises ont été consultées. Après examen en commission travaux, FRANCIOLI a été retenue pour deux sanitaires automatiques, pour 83 578 € HT, soit une moyenne de 41 789 € HT par installation.

Consulter la délibération de Saint-Jacut-de-la-Mer

À Caromb, le devis technique est directement annexé à la décision : 36 900 € HT pour le sanitaire et 7 280 € HT de travaux annexes, soit 44 180 € HT au total.

Consulter les documents de Caromb

Ces exemples montrent qu'il est possible de comparer les solutions, de justifier les dépenses et de conserver une trace des décisions.

Comparatif_sanitaires_publics_Goudargues_octobre_2026

Pourquoi ne disposons nous pas d'informations équivalentes à Goudargues ?

FRANCIOLI nous annonce entre 35 000 et 40 000 € HT

Le maire ayant indiqué que le sanitaire choisi serait de marque FRANCIOLI, nous avons contacté directement ce fabricant.

Voici sa réponse :

« Le budget à prévoir est entre 35000 et 40000 € HT pour un sanitaire autonettoyant avec 1 cabine WC et 2 urinoirs. Le prix comprend la fourniture, la livraison, le grutage, la pose et la mise en service. »

FRANCIOLI précise que les travaux de génie civil restent à la charge du client. L'entreprise propose également des contrats de maintenance, les consommables étant à prévoir séparément.

Cette estimation concerne une configuration précise et ne constitue pas le devis du projet de Goudargues.

Mais la comparaison soulève une question :

Comment expliquer les 64 098,11 € HT annoncés par la commune, soit une différence de 24 098 à 29 098 € HT avec l'enveloppe indicative communiquée par le fabricant ?

Cette différence peut parfaitement correspondre aux terrassements, aux raccordements, aux équipements complémentaires ou à d'autres prestations.

Mais lesquels ? Et pour quels montants ?

Sans devis détaillé, impossible de le vérifier.

Pourquoi FRANCIOLI et sur quels critères ?

FRANCIOLI est une entreprise spécialisée qui équipe déjà plusieurs collectivités. Ce n'est donc pas la compétence du fabricant que nous remettons en question.

Ce que nous souhaitons comprendre, c'est la méthode de sélection.

Combien d'entreprises ont été consultées ? D'autres devis ont-ils été demandés ? Quels critères techniques et financiers ont été retenus ?

Et surtout, qui a réalisé ce travail ?

Les adjoints et les conseillers municipaux ont-ils participé à l'étude du dossier ? Une commission a-t-elle comparé les différentes solutions ?

Ou les choix ont-ils été préparés essentiellement par le maire ?

Nous ne prétendons pas connaître la réponse. Mais aucun document communiqué ne permet de retracer ce travail éventuel.

Un emplacement qui mérite aussi des explications

L'implantation prévue aux arcades, à proximité du transformateur électrique, soulève également plusieurs questions.

Les riverains ont-ils été consultés ? Les nuisances éventuelles, notamment sonores et olfactives, ont-elles été étudiées ? D'autres emplacements ont-ils été envisagés ?

Nous ne prétendons pas que l'emplacement retenu soit inadapté. Mais il serait utile de connaître les éléments ayant motivé ce choix.

Les commissions sont-elles vraiment une perte de temps ?

Le maire a évoqué le risque que les commissions ralentissent le travail municipal.

Pourtant, une commission aurait pu étudier les besoins, comparer les fournisseurs, examiner l'emplacement, consulter les riverains et évaluer les coûts d'installation et de maintenance.

Elle aurait également pu réfléchir à la gratuité des sanitaires ou à une éventuelle participation symbolique des usagers, en tenant compte des coûts de fonctionnement et de l'accessibilité du service.

Ce travail aurait permis de partager les réflexions et de conserver une trace des décisions.

Une commission n'est pas là pour ralentir les projets, mais pour les préparer collectivement et permettre aux élus de décider en connaissance de cause.

Aucun document communiqué : comment vérifier le travail réalisé ?

C'est finalement le cœur du problème.

De notre côté, nous avons recherché des réalisations comparables, consulté des délibérations municipales et contacté directement un fabricant.

Nous avons obtenu des renseignements techniques et financiers concrets.

Pour Goudargues, en revanche, aucun dossier détaillé ne nous a été communiqué pour comprendre comment le projet a été étudié et comment les décisions ont été prises.

L'article L.2121-13  du Code général des collectivités territoriales rappelle pourtant que tout conseiller municipal a le droit d'être informé des affaires de la commune faisant l'objet d'une délibération. mais pas Goudargues.

Nous ne prétendons pas que le travail préparatoire n'a pas été réalisé.

Mais a-t-il été fait en équipe ou par le maire seul ? Plusieurs solutions ont-elles été comparées ? Les conséquences financières et techniques ont-elles réellement été étudiées ?

Sans documents, nous ne pouvons répondre à aucune de ces questions.

Et c'est précisément cette absence de transparence qui entretient les interrogations.

La confiance ne remplace pas les documents

Nous demandons simplement la communication des devis, des caractéristiques du matériel, du détail des travaux, des éventuelles offres concurrentes et des éléments ayant motivé les choix.

Peut-être constaterons nous que les 64 098,11 € HT sont parfaitement justifiés.

Peut-être découvrirons nous que d'autres solutions étaient envisageables.

Mais aujourd'hui, nous n'avons pas les éléments permettant de le vérifier.

Faute de documents, tous les doutes sont permis. Non pas parce qu'une mauvaise décision serait démontrée, mais parce que rien ne nous permet d'en vérifier sérieusement les fondements.

Une municipalité est une équipe. Les décisions importantes doivent pouvoir être expliquées, documentées et assumées collectivement.

La confiance, ça se mérite. Et surtout, ça ne dispense jamais de rendre des comptes.

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Commentaires

Christophe.apaive
il y a 6 jours

64 098 € HT pour des sanitaires publics, sans devis détaillé ni comparatif des offres communiqué aux élus minoritaires !
Difficile de faire mieux pour susciter des interrogations ! Si je voulais magouiller, je pense que c'est exactement comme ça que je m'y prendrais ! Fred Mahler, pourquoi ne pas simplement communiquer les documents ? La transparence ne devrait elle pas être une évidence lorsqu'il s'agit de l'argent public ?