Ce message est personnel et non politique.
Je tenais à m’exprimer aujourd’hui pour faire part de ma colère face aux propos qui circulent dans notre village, ainsi qu’aux publications qui ont été diffusées.
Car dans tout cela, il ne faut pas oublier une chose essentielle : il y a une victime.
Mardi, la justice a rendu son jugement et a déclaré coupable le maire de Goudargues, Fred Mahler.
Celui-ci a reconnu les faits, comme le rapporte l’article du Midi Libre. Il a fait appel ; laissons donc la justice poursuivre son travail.
Mes pensées vont avant tout à la victime et à sa famille. Je sais combien il est difficile de subir une agression sexuelle, d’autant plus lorsqu’elle est commise par une personne de son propre village, et qui plus est par une figure publique comme un maire. C’est une épreuve particulièrement lourde à porter.
Je tiens également à saluer le courage de la victime. Porter plainte, témoigner, affronter un procès, c’est s’exposer au regard des autres, à la peur de ne pas être compris, à la crainte d’être jugé.
Une telle démarche demande une force immense.
Être maire, ce n’est pas seulement exercer une fonction. C’est porter une responsabilité, incarner un symbole, montrer l’exemple chaque jour.
Dans ce contexte, j’ai pris connaissance du message publié par le maire sur Facebook, évoquant une affaire relevant de la sphère privée.
👉 Objectifgard du 26 Mars 2026
Mais au-delà de cette présentation, une question essentielle demeure : où est la place de la victime dans ce discours ?Alors même qu’il a reconnu les faits . pas un mot n’est adressé à celle qui les a subis.
Pas une pensée, pas une reconnaissance de sa souffrance.Pourtant, reconnaître ses torts ne devrait pas s’arrêter à une déclaration.
Cela implique aussi d’assumer pleinement les conséquences humaines de ses actes.On parle d’affaire privée,d’affaire publique… Mais dans cette histoire, il y a une victime. Et dès lors qu’il y a une victime, ce n’est jamais une affaire privée. Quelle que soit la gravité des faits, une agression reste une agression.Dans ce type de situation, la souffrance ne touche jamais une seule personne. Elle atteint aussi les proches : les enfants, les frères, les sœurs, les parents… c’est toute une famille qui se trouve affectée.
Dans mon parcours de vie, j’ai été confronté à une situation similaire au sein de mon entourage. La victime avait choisi de se taire, par peur de fragiliser sa famille. Cela a fait naître en moi une colère que je ressens encore aujourd’hui. Avec le temps, j’ai compris que le silence, même lorsqu’il part d’une volonté de protéger, peut aussi enfermer et laisser des blessures durables.
C’est pourquoi il me semble essentiel, aujourd’hui, de ne plus détourner le regard et de soutenir celles et ceux qui trouvent le courage de parler.
Alors, quand j’entends certains dire : « il n’y a pas mort d’homme », je ne peux pas l’accepter. Car derrière ces mots, il y a une réalité : celle de l’humiliation, de l’atteinte à la dignité, de blessures qui peuvent marquer une vie entière.
À celles et ceux qui banalisent ces faits, je voudrais simplement dire ceci : imaginez un instant que cela touche un jour votre mère, votre conjoint, votre frère, votre sœur, votre fille ou votre fils… et que vous ressentiez cette impuissance, ce sentiment d’injustice, face à une autorité contre laquelle vous avez le sentiment de ne rien pouvoir faire.Ces situations ne sont jamais anodines. Elles provoquent une souffrance profonde, souvent silencieuse, mais bien réelle.
Alors, plutôt que de minimiser, apportons notre soutien aux victimes. Les mots comptent. Mais il est temps, aussi, de passer aux actes.
Nicolas Bouhier.